La dernière assemblée générale de la Chambre régionale de commerce et d’industrie avait invité Jean-Jack Queyranne, président de la Région Rhône-Alpes, à signer une convention formalisant la volonté de collaboration entre les deux structures. Un acte historique ! Jusqu’à présent, en effet, dans leur mission respective de soutien à l’économie régionale*, la CRCI et la Région avaient plutôt l’habitude de se regarder en chiens de faïence… voire de se jeter quelques peaux de banane. Mais Jean-Paul Mauduy, président de la CRCI, veut “renvoyer ces vieilles lunes et ces mauvais motifs là où ils doivent être, ensevelis dans notre mépris amusé. Des histoires anciennes, des querelles d’appareil, des questions d’hommes, des positions mal calculées, ont masqué pendant des décennies une évidence : le monde économique et la collectivité régionale peuvent et doivent se parler au grand jour, dans l’intérêt général et au bénéfice de tous…”
J.-J. Queyranne et J-P. Mauduy ont donc voulu marquer publiquement la “fin des errements” et entamer une démarche plus constructive. Deux dossiers nous diront rapidement si leurs bonnes intentions peuvent être suivies d’effets.
D’une part, celui d’Erai, entité régionale de soutien au développement des entreprises à l’international… et vieille pomme de discorde qui irrite le patron de la CRCI : “Il est temps de mettre un terme aux guerres picrocholines qui opposent depuis des décennies Erai et les chambres de commerce ; le ridicule côtoie dans cette affaire l’inanité et j’engage, pour nos entreprises, ma responsabilité pour qu’un Yalta intelligent soit enfin défini et appliqué avec Erai.(…) Encore faudra-t-il que nos interlocuteurs d’Erai fassent aussi clairement leur aggiornamento et entament avec nous (…) un dialogue gagnant-gagnant et pas un jeu de dupes (…)”.
D’autre part, celui de l’Ardi : cette agence de l’Innovation, créée il y a quelques mois par le Conseil régional, “nous est apparue dans un premier temps comme une inquiétante réécriture de ce qui a posé question dans Erai : peu de concertation, une certaine dose de dogmatisme (…) et une gouvernance dont la confusion ne devait pas qu’à la complexité certes réelle de l’opération”. Désormais membre à part entière du comité d’engagement de l’Ardi, Jean-Paul Mauduy n’entend pas moins conforter les CCI comme porte d’entrée pour aider les entreprises à relever le défi de l’innovation.
Maintenant que la bonne volonté est affichée, reste à passer des paroles aux actes. Et c’est peut-être le plus difficile.
* Officiellement, la CRCI est le représentant institutionnel régional des activités industrielles, commerciales et de services. La Région, elle, dans le cadre de la loi de décentralisation, crée ou soutient des politiques et dispositifs d’appui au développement des entreprises.