Le transfert du Forum international de plasturgie (FIP) d’Oyonnax à Lyon semble avoir été plutôt bien accueilli, et par les exposants, et par les visiteurs qui ont répondu présent. Le nombre d’exposants (406), pour la plupart fournisseurs de solutions techniques (presses, matériels périphériques, matériaux, logiciels, informatique, outillages, études, centres d’essais et prototypage, etc.), a d’ailleurs augmenté de 20 % par rapport à la dernière édition (2006). Les visiteurs sont venus quant à eux s’imprégner du climat de la filière, mais surtout consulter leurs fournisseurs avec des projets et des demandes technologiques très concrètes.
Même s’ils ne se convertissent pas immédiatement en commandes fermes, ces contacts ont fait souffler un vent d’espoir dans une filière plasturgiste où certains secteurs d’activités, en particulier dans la sous-traitance (automobile, poids lourd, électricité, informatique…), paient un lourd tribut à la conjoncture économique. Il ont remis un peu de baume au coeur à des chefs d’entreprises très éprouvés par le début d’année et qui, après le léger sursaut de mars-avril pour assurer le réassort des donneurs d’ordres, n’ont pas vu l’étau se desserrer. “On est entre moins 15 % et moins 30 %, aujourd’hui, alors que nous étions entre moins 40 % et moins 50 % de prises de commandes et d’activité, en janvier-février”, souligne Daniel Goujon, président du pôle de compétitivité Plastipolis et lui-même chef d’entreprise.
D’ores et déjà, les dirigeants ont intégré le fait que 2009 se traduira par une baisse générale (de 15 à 20 % en moyenne) et que 2010 ne dissipera pas la totalité des inquiétudes. Ils comptent sur les banques pour passer les caps difficiles en trésorerie. Et tablent sur 2011 et 2012 avec la sortie de nouveaux produits plus performants et, semble-t-il, d’ores et déjà bien accueillis. Beaucoup diversifient leur portefeuille de clientèle et réduisent, parfois drastiquement, la part de l’automobile pour se diriger vers de nouveaux marchés, comme le médical… en excellente santé.
Les chefs d’entreprises ont aussi compris que, lorsqu’elle va redémarrer, l’activité aura des contours différents, avec la nécessité d’un niveau plus élevé de valeur ajoutée et d’innovation. Mais, pour l’heure, même si le FIP a contribué à remonter le moral des troupes, ils restent pragmatiques : ils sont dans le tunnel. Le noir, total, est derrière, mais il n’y a pas de visibilité devant.