|
|
|
|
|

ENTREPRISES RHONE-ALPES
|
| Décembre 2007 - N° 1491 |
 |
DECRYPTAGES Bionatis ou la multiplication des petits pains |
 |
|
|
|
Fabricant de pain surgelé “bio”, Bionatis va tripler sa capacité de production sur son site
de Haute-Rivoire (Monts du Lyonnais). |
|
|
En 2002, l'idée de Jean-Marc Ambroisy, issu d'une boulangerie familiale, et de Thierry Delbosco, en provenance d'un groupe laitier, était aussi simple qu'audacieuse : servir un pain biologique aux boulangers. “Nous sommes partis d'une feuille blanche, se remémore Thierry Delbosco, directeur général. Nous avons eu la chance d'ouvrir les bonnes portes, notamment celles de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Lyon, via le pôle Novacité, puis de la Communauté de communes de Chamousset-en-Lyonnais où l'on nous a fait confiance.” C'est en effet au cœur des Monts du Lyonnais que les deux associés trouveront la possibilité de concrétiser leur projet. En quelques mois, le site est identifié, dans le village de Haute-Rivoire, et le bâtiment industriel construit dans le cadre de la procédure des ateliers-relais. Le démarrage ne se fait pas sans difficulté mais les bases sont saines. L'activité de Bionatis repose sur une innovation brevetée : la fabrication du pain est effectuée à partir d'un levain liquide. “C'est ce qui fait la typicité du produit où l'on retrouve les saveurs d'antan, avec une très légère acidité”, explique Thierry Delbosco.
Dès 2002, les pains précuits surgelés de Bionatis - qui représentent 85 % de la production - pénètrent les circuits de la grande distribution qui assure aujourd'hui 70 % du chiffre d'affaires. L'entreprise vend aussi à des grossistes, à la restauration hors domicile, aux boulangers, ainsi qu'aux points de vente spécialisés en produits bio de “La Vie Claire”. Elle commercialise les pains surgelés mais aussi du pain cuit. “Le bio reste un marché de niche, même s'il se développe, affirme Thierry Delbosco. Nous sommes quatre ou cinq fabricants en France, mais les seuls à travailler avec du levain liquide.”
|
|
| L'image du pain français |
Bien sûr, qui dit bio dit surcoût. Il est d'environ 20 % par rapport aux pains traditionnels. Le consommateur doit donc en avoir pour son argent. “Ce qui fait notre force et nous permet de travailler avec la grande distribution, c'est notre régularité en matière de qualité”, assure Thierry Delbosco. La réussite est au rendez-vous et l'entreprise est bénéficiaire depuis 2005. Les marchés s'ouvrent, à tel point que Bionatis arrive aujourd'hui à saturation avec une capacité de 150 tonnes de pain par mois. Les vingt salariés travaillent en 3x8, cinq jours sur sept. C'est pourquoi l'entreprise est sur le point de déposer un permis de construire pour réaliser un agrandissement qui portera la surface totale du site à 3 500 m2 et triplera la capacité de production. L'investissement s'élèvera à 6,5 millions d'euros, matériel compris. “Nous allons automatiser une partie du process”, indique Thierry Delbosco. Le nouvel outil industriel devrait être opérationnel en septembre 2008. Dans les cinq ans, une trentaine d'embauches est prévue. C'est l'engagement de l'entreprise vis-à-vis de la Communauté de communes, partenaire de cette extension, toujours dans le cadre de la procédure des ateliers-relais. |
|
| S'attaquer à l'export |
Grâce à ce redimensionnement, Bionatis a l'intention de s'attaquer aux marchés étrangers et d'exporter ses pains surgelés. “Pour l'heure, l'export ne représente que 3 à 4 % de notre chiffre d'affaires, mais nous espérons à terme le porter à 20 %.” L'image du pain français est en effet très forte à l'étranger et Bionatis a signé un accord avec Pains Délices Europe (Saint-Malo) qui lui assure déjà une présence en Belgique, en Russie, en Angleterre, en Irlande, en Scandinavie et même en Corée. Autre cible privilégiée, le marché américain bien sûr.
Pierre-Olivier Vérot |
|
 |
 |
|
|
|